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DSK : l’Europe et la crise

488651.jpgInvité ce matin de France Inter, Dominique Strauss-Kahn, président du Fonds Monétaire International, s’est exprimé sur la crise économique et sur l’Europe.

Il analyse une situation où les multiples plans de relance des pays européens semblent bien faibles par rapport à celui d’envergure de Barack Obama aux Etats-Unis. Pourtant au niveau européen nous aurions eu les moyens d’avoir un plan aussi ambitieux, mais les pays ont choisi d’agir isolément. Dominique Strauss-Kahn a donc relancé l’idée d’une gouvernance économique européenne qui semble plus que jamais indispensable pour coordonner les actions, notamment en période de crise.

Sur le long terme, le prédisent du FMI s’est évidemment engagé pour la régulation des marchés financiers en donnant une métaphore : « je ne suis pas pour laisser libre court aux marchés, on a cru que les marchés pouvaient s’organiser tout seul, c’est faux. Prenez la Place de la Concorde, si vous retirez les feux rouges et la police de circulation, c’est l’embouteillage général. C’est ce qui se passe aujourd’hui. »

17201.jpgExpliquons un peu cette métaphore. Les marchés ont besoin d’une part de feux rouges (des règles, des interdictions…) et de police (organismes de contrôle…). Or il est vrai que depuis les dérégulations des années 1980 dans le monde entier, les marchés, notamment financiers, manquent des deux. Les organismes de contrôle par exemple, qu’on appelle les « agences de notation », ont été privatisées aux Etats-Unis… Imaginez qu’on engage une milice privée pour la sécurité dans un pays ! Pire encore, aux Conseils d’administration de ces agences de notation, ce sont les banquiers qui ont petit à petit pris le pouvoir. Avant la crise nous étions donc dans une situation où les banques étaient chargées de se surveiller elles-mêmes ! Dominique Strauss-Kahn a plaidé pour une régulation à l’échelle européenne qui sera bien plus efficace qu’à un niveau national.

friedman.jpgEnfin j’aimerai citer un grand économiste du XXe siècle, Milton Friedman, le théoricien de l’ultra libéralisme et de la dérégulation, dont les idées ont influencé tant Reagan que Thatcher. Il y a quelques années, quelques temps avant son décès, à la suite du scandale Enron, entièrement causé par la dérégulation, l’économiste a avoué l’échec de son système dans une courte phrase : « ce n’est pas que les hommes sont devenus plus cupides qu’avant, c’est qu’ils ont eu davantage la possibilité de l’être« .

Les élections européennes peuvent nous apporter un formidable espoir. Celui de faire de l’Union européenne un vrai « gouvernement économique » (DSK) qui puisse nous protéger de la violence des retournements économiques.

Actualité : des horloges à l’heure européenne

libre20circul20web469x239.jpgMalgré la crise économique et les relants parfois xénophobes des campagnes électorales en Suisse, les habitants ont très largement renouvelé leur attachement aux accords bilatéraux avec l’Union européenne, par référendum, le week-end dernier. Les électeurs suisses ont bien changé depuis leur refus en 1992 de rejoindre l’Union européenne. A terme, il serait possible d’imaginer la Suisse se rapprocher encore de l’Union, voire la rejoindre. C’est une nouvelle preuve, s’il en faut encore, des avantages qu’offre l’Union aux états membres, et la fascination qu’elle suscite.

Et pour nous, Européens déjà membres de l’Union ? Le rapprochement de la Suisse serait un véritable progrès, car nous verrions alors la possibilité de ne plus avoir tant de paradis fiscaux à nos portes. Ils sont nombreux ces paradis qui offrent la protection fiscale aux Européens les plus fortunés qui ne souhaitent pas participer au fonctionnement de leur société : en interne (Luxembourg, Autriche, Grande Bretagne avec les îles anglo-normandes et les îles Caïman) et autour de nous (Andorre, Monaco, Liechtenstein et la Suisse). L’évasion fiscale coûte très cher aux Etats européens, qui avec la crise, demandent tous ensembles la fin des paradis fiscaux. Il ne faut pas sous-estimer le manque à gagner pour les Etats : 55% du commerce international et 35% des flux financiers transitent par les paradis fiscaux. Outre le fait que cela peut servir à blanchir de l’argent sale, cela compromet les équilibres financiers mondiaux, et nous avons tous vu où cela conduit !

Face à la multiplication des scandales liés à des milliardaires de la banque, la Suisse (comme le Luxembourg), bons joueurs, ont accepté de réfléchir à la fin du secret bancaire.

La Suisse vient également d’abolir les forfaits fiscaux accordés aux millionaires européens qui résident dans le pays. C’est un véritable pas vers l’Union. La page de la Suisse eurosceptique est en train de se tourner… peut être que celle des banques helvétiques aussi.

Mais une véritable page se tournera lorsque les Etats membres parviendront à se mettre d’accord sur des bases fiscales communes, afin de ne pas se faire de concurrence entre eux (le « dumping ») et d’être unis pour concurrencer les autres grandes zones économiques mondiales.

Enjeux du budget européen : 2 les dépenses

Avant de lire cet article, lisez la première partie : construction du budget

Les dépenses du budget européen se déclinent en trois types :

- les dépenses de fonctionnement (pour financer le Parlement, la Commission, les Conseils, la Cour de justice etc.)

- les dépenses opérationnelles obligatoires (DO) : pour financer ce qui est prévu dans les traités, par exemple la Politique agricole commune, PAC.

- les dépenses opérationnelles non-obligatoires (DNO) : pour financer les actions, les politiques, de l’Union (politique de cohésion sociale, culture, recherche, formation, environnement etc.). Ces dépenses, qui permettent de financer les politiques européennes, sont gérées par le Parlement européen.

Comment se répartit le budget ?

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On y remarque dès le premier coup d’oeil certaines répartitions pour le moins « étranges » : 1% pour la citoyenneté, les libertés, la justice et la sécurité contre presque 32% pour l’agriculture, alors que les agriculteurs représentent une part peu importante de la population européenne. Même si l’aide aux agriculteurs peut demeurer un bon outil, la Politique Agricole Commune (PAC) semble tout de même dépassée et engloutit une bonne partie des recettes (un tiers) qui pourraient financer une véritable politique sociale…

Les enjeux du budget européen : 1 la construction

C’est notre argent, celui des habitants des 27 Etats membres de l’Union, qui constitue le budget européen. Et en retour, nous bénéficions tous des actions financées par l’Europe. Je vous propose donc un point sur le budget européen. En 2009 il est prévu à 134 milliards d’euros (3% d’augmentation). Dans ce premier article nous allons nous attacher à la construction du budget.

D’où provient l’argent du budget européen ?

- des « ressources propres » (droits de douanes, taxes sur les importations) : 15% des recettes

- de la TVA : 15% des recettes

- des amendes aux entreprises ou Etats qui ne respectent pas la loi européenne : 1% des recettes

- des contributions que chaque Etat membre doit verser : 69% des recettes

L’enjeu principal repose donc dans les contributions des Etats calculées en fonction de leur RNB (revenu national brut : les recettes de l’Etat). Plus un pays a de recettes (impôts etc) plus il verse une contribution importante au budget européen. Toutefois ces contributions sont dérisoires, presques insignifiantes. Le budget européen de 2008 équivaut à 0,7% du RNB de tous les Etats membres. Cela veut dire que le budget européen est égal à 0,7% du total de tous les budgets des Etats membres. L’UE fonctionne donc avec des moyens dérisoires en comparaison avec les budgets nationaux… Le budget de l’UE est de 134 milliards d’euros, contre 356 milliars pour le budget français, 271 pour l’Allemagne… Il représente 1% du PIB européen (produit intérieur brut) c’est-à-dire presque rien. Et c’est bien là tout le problème. Nous n’aurons jamais une Europe efficace, menant de vraies politiques sociales tant que son budget sera si faible.

Lire la suite : comment se répartissent les dépenses.

Taux directeurs de la BCE, késako ?

Depuis le début de la crise économique, nous entendons les politiciens réclamer que la Banque centrale européenne baisse ses « taux directeurs » ce qu’elle refuse souvent. Et parfois, comme la semaine passée, nous entendons les media nous dire que contre toute attente la BCE a baissé ses taux directeurs. Comme tout cela relève de jargons économiques, et que tout cela est rarement expliqué, je vous propose une petite analyse.

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Chaque banque centrale définit des taux directeurs dans son pays (la FED aux Etats-Unis, et la BCE en Europe notamment). Via la politique monétaire, la banque centrale peut ainsi influer sur l’économie entière. Pour simplifier, les taux directeurs définissent le taux d’intérêt, le coût de l’argent : l’intérêt à rembourser quand on emprunte à la banque, l’intérêt que la banque vous verse quand vous lui confiez votre argent. La banque centrale peut ainsi influer sur le crédit, l’épargne, l’investissement ainsi que sur le chômage et l’inflation.

Que se passe t-il si la banque centrale maintient ses taux directeurs élevés ? C’est ce que la BCE fait le plus souvent car cela relève de l’idéologie libérale. Comme les taux d’intérêts des banques sont importants, les habitants demandent peu de crédits, ils préfèrent épargner. Il en va de même pour les entreprises qui investissent moins. Cela permet de lutter contre l’inflation (la hausse des prix) car il y a peu de circulation monétaire et peu de création de monnaie. En retour cela freine l’activité économique car on investit peu, et donc le chômage persiste.

Baisser les taux directeurs relève davantage de la politique keynésienne des partis sociaux-démocrates. En réduisant les taux d’intérêt, l’épargne est moins intéressante, donc particuliers comme entreprises empruntent, investissent et consomment davantage. Cela permet de développer l’activité économique et donc de lutter contre le chômage. En retour cela peut renforcer l’inflation (la hausse des prix).

En temps de crise, la baisse des taux directeurs est indispensable pour relancer l’économie. Il est curieux de voir des hommes politiques libéraux appeler la BCE à le faire. Il s’agit pourtant d’une nouvelle preuve de l’inefficacité du capitalisme non régulé qui crée des crises, et qui appelle le keynésianisme pour les régler.

Réguler les marchés financiers

Fin décembre, les trois principaux responsables du Parti socialiste européen ont fait part de leur défiance envers le Commissaire européen au marché intérieur et aux services, Charlie McCreevy. Membre de la Commission, M. McCreevy a été chargé de mettre en place au niveau européen des instances de régulation des marchés financiers pour éviter qu’une crise économique comme celle que nous avons connu ne puisse se reproduire à l’avenir. De façon pratique, « réguler les marchés » signifie que les acteurs (grands financiers, actionnaires, entreprises…) ne sont pas libres de faire ce qu’ils veulent, un organe public est chargé de contrôler leurs transactions. La régulation des marchés se heurte donc frontalement au néo-libéralisme. Il était à craindre que la Commission européenne, libérale, tente de limiter les dispositifs de régulation que le Parlement souhaitait mettre en place, à l’unanimité.

27963schulz0711062130.jpgAussi, M. Rasmussen (Président du PSE), M. Schulz (Leader des eurodéputés socialistes) et Mme Berès (Présidente de la commission des affaires économiques au Parlement) ont annonçé avoir perdu toute confiance en M. McCreevy pour la régulation des marchés financiers. Etant donné les derniers scandales financiers, le contrôle des marchés est un impératif pour le PSE. Mais suite à plusieurs déclarations de M. McCreevy, le PSE a ses raisons de penser que la Commission cherche à éviter la mise en place d’outils de régulation. Il exige que le souhait du Parlement européen soit respecté.

A l’heure où les transactions financières sont totalement mondialisés, et où le continent européen concentre 50% des échanges économiques, l’Union européenne est l’échelle idéale pour agir sur les marchés financiers. Pour une Europe sociale, soutenez le PSE.



Le Blog Europe2009, indépendant, a pour but de vous informer sur les élections européennes de juin 2009 et ses enjeux. Il veut participer à renouer le lien entre les citoyens et les institutions européennes en expliquant leur fonctionnement. Bonne lecture… et votez !

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